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Périscolaire: Emmanuel Grégoire obtient le feu vert pour mettre en oeuvre son plan d'action
information fournie par AFP 14/04/2026 à 19:28

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le 29 mars 2026 à l'Hôtel de ville ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le 29 mars 2026 à l'Hôtel de ville ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire a reçu mardi le feu vert du Conseil de Paris pour mettre en oeuvre son plan d'action à 20 millions d'euros dans le périscolaire, secoué par un scandale de violences sexuelles.

L'adoption du plan est intervenue au terme de vifs débats lors desquels l'opposition a reproché au nouvel édile un manque de transparence, y compris sur ses responsabilités passées à l'Hôtel de ville.

"Nous avons pris le sujet à bras-le-corps", a assuré devant l'assemblée réunie en session extraordinaire l'ancien bras droit d'Anne Hidalgo qui a fait du périscolaire la "priorité absolue" de son début de mandat.

Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, des chiffres traduisant un caractère "systémique" des violences, a reconnu M. Grégoire, qui a dit comprendre la "colère légitime" des familles.

Le plan d'action, formellement entériné par le Conseil de Paris dans le cadre d'une communication, prévoit une série de "mesures d'urgence", à commencer par une simplification de la chaîne de signalement et la mise en place d'une cellule dédiée.

Le ville s'engage à une "transparence totale" envers les familles en leur restituant l'intégralité des conclusions des enquêtes administratives. "Nous leur donnons maintenant systématiquement la période sur laquelle a travaillé l'animateur incriminé", a précisé l'adjointe aux affaires scolaires Anne-Claire Boux.

"Chaque violence sur enfant donnera lieu sans délai à une suspension conservatoire de l'agent concerné", qui ne pourra pas "retravailler auprès d'enfants à la ville de Paris", a prévenu M. Grégoire.

Un principe qui instaure un "climat de suspicion" et donne lieu à des "suspensions arbitraires", s'inquiète le syndicat Supap-FSU. Plus d'une centaine d'agents se sont rassemblés dans la matinée devant l'Hôtel de ville pour réclamer des "recrutements massifs".

Le maire entend investir "massivement" dans la formation des agents (20.000 au total) en ouvrant notamment une "école du périscolaire" pour professionnaliser une filière très précarisée et en créant un corps de catégorie A.

Dans les écoles maternelles, les équipes seront en outre renforcées par des éducateurs de jeunes enfants.

La ville va aussi réaménager les espaces "sensibles", comme les toilettes, pour éviter qu'un adulte se retrouve seul avec un enfant.

Celui qui fut dix ans adjoint à l'Hôtel de ville, dont trois ans chargé des ressources humaines et six ans premier adjoint, s'engage aussi à mettre en place une "commission indépendante" pour établir un état des lieux "complet" et rendre des préconisations.

"En tant que chargé des ressources humaines, vous avez laissé prospérer un système", a dénoncé le maire LR du 6e arrondissement, Jean-Pierre Lecoq, du groupe "Paris Liberté", co-présidé par Grégory Canal et Rachida Dati, absente des débats.

Le premier groupe d'opposition réclame la mise en place d'une mission d'information et d'évaluation, transpartisane, option que M. Grégoire a balayée.

- Annonces "globalement satisfaisantes" -

Alors que le maire PS avait parlé de "changement managérial à tous les niveaux", la directrice des affaires scolaires (Dasco) de la Ville de Paris a annoncé jeudi quitter ses fonctions, sans préciser la raison.

Aux alentours de 18H00, une cinquantaine de parents d'élèves se sont rassemblés devant l'Hôtel de Ville à l'appel de la FCPE Paris.

Son président, Martin Raffet, a jugé "globalement satisfaisantes" les annonces de M. Grégoire, mais attend que "les choses changent vraiment sur le terrain".

Le problème "n'est pas pris à la mesure de ce qu'il est au niveau national", a déclaré Florence Gatineau, administratrice de la FCPE Paris en charge de la commission "Agir contre les violences", qui appelle les députés "à légiférer", faisant référence à la proposition de "loi Bétharram", visant à prévenir les violences en milieu scolaire.

"Votre communication marque la fin du déni. Mais elle est incomplète car les enseignements des dysfonctionnements qui ont engendré ces drames ne sont pas encore tirés", a critiqué Maud Gatel, présidente du groupe MoDem et Indépendants.

Le groupe "Paris Liberté" demande aussi l'installation de caméras de vidéosurveillance à l'intérieur des plus de 620 écoles de la capitale, pour un montant estimé à "moins de 10 millions d'euros". Une proposition "irréaliste", selon M. Raffet, et que les collectifs de familles rejettent.

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